Alors que la ville de Lyon est à 50 % Bio
dans ses cantines, la ville de Villeurbanne peine à proposer un repas par mois
(soit 6 %, donc en
dessous de la circulaire ministérielle du 2 mai 2008 !).
Aussi dans le cadre de la journée « Oui
au Bio dans ma cantine !! » ce
18 juin à 18 h, une délégation de
parents d’élèves de Villeurbanne sera reçue par le Maire, pour lui remettre
une lettre du WWF (organisation mondiale de protection de l'environnement) et lui
présenter 3 revendications + 1 en ce
sens pour Villeurbanne.
Quelques jours après le Film HOME, pour
les parents cette campagne tombe « à point » puisque prochainement
seront rédigés les appels d’offres,
pour l’approvisionnement de la nouvelle
cantine centrale de Villeurbanne qui ouvrira début 2010.
Nous
invitons les journalistes à nous accompagner lors de cet entretien, RDV à
17h45, entrée côté Lazare Goujon
1 / Se donner un objectif 50 % Bio dès 2010 dans les assiettes de nos
bambins !
D’abord, respecter la proposition 112
du programme Respirons l’avenir : "Les Légumes et les fruits, issus
de l'agriculture biologique, seront aux menus des restaurants scolaires".
Ensuite, il n’y a aucune raison pour que Villeurbanne ne fasse pas au moins
aussi bien que la Ville de Lyon (50 %
Bio). C’est donc un objectif raisonnable. Il existe déjà de nombreuses restaurations scolaires 100 % Bio (Rochefort,
Aigues-Mortes, Langouet…) et certains
arrondissements Parisiens sont à 65 % !
Il est
scientifiquement établi que les pesticides altèrent les qualités gustatives[1]
et réduisent les effets bénéfiques sur la santé des fruits et légumes (Par
exemple : Le Resveratrol[2] :
antioxydants, antiagrégant plaquettaire, anti-inflammatoires, vasodilatateur et
surtout, inhiberait la prolifération des cellules cancéreuses. Cette molécule présente
dans le raisin, les mûres, les myrtilles, la rhubarbe, le cacao, est anéantie
par les traitements chimiques.
Les pommes non Bio subissent près de 27 traitements chimiques dont 3 sont soupconnés d’être cancérigènes[3].
En Bretagne ou encore dans le Tarn[4], on ne peut plus consommer l’eau du robinet,
trop polluée par pesticides et déjections générées par l’agriculture et
l’élevage intensif.
2/ Favoriser la production locale et bannir les
fruits et légumes hors saison, les
OGM ainsi que les
produits venant de trop loin (sauf les fruits tropicaux dans une proportion
raisonnable)
La restauration collective publique représente plus de 10 %
du marché de l’alimentation en France ; elle a donc un pouvoir d’entraînement pour favoriser une production locale
respectueuse de l’environnement, tout en réduisant la pollution générée par les longs transports. Favoriser une
production locale, c’est aussi créer de
l’emploi et garantir aux producteurs de vivre dignement de leur travail ! Par exemple, les maraîchers
de Vaulx-en-Velin se disent prêts à produire Bio en quantité, à condition
d’avoir une garantie de marché !
3/ Réduire de 30 % la part de viande dans les menus.
L’ONU (FAO) préconise un apport de
Les français mangent
trop de viande[5],
quelle que soit leur « classe sociale ». De nombreux légumes (haricots,
tomates, germes de blés, lentilles, soja, épinards..) ont des apports
nutritionnels équivalents voire supérieurs à
C’est une
question de solidarité : car le volume de céréales utilisé
pour nourrir les animaux d’élevages suffirait à stopper deux fois la faim dans
le monde[6] ;
C’est une
question de santé publique parce que l’élevage d’animaux est la
plus grosse source de pollution de la planète, et parce que la surconsommation
de viande est la principale source d’obésité et de maladies cardiovasculaires.
C’est une
question de coût car produire de la bonne viande en
respectant les animaux et l’environnement, cela coûte plus cher et qu’il est hors de question pour les parents
d’élèves, que le passage à une alimentation saine et éco responsable se
traduise par une augmentation du tarif
des cantines ! Réduire la part de viande permet de maîtriser les coûts
pour la collectivité qui doit trouver dans ses ressources les moyens d’être à
la hauteur des enjeux.
Point complémentaire
et indispensable :
Organiser une réunion plénière de concertation avec les parents d’élèves,
sur les politiques d’approvisionnement de la nouvelle
cuisine centrale, et sur l’éducation au goût dans les restaurants scolaires.
Cette réunion devra bien évidement avoir lieu avant l’écriture des appels
d’offres des marchés publics
d’approvisionnement de cette cuisine centrale.
Contact : Dominic Munari : 06 13 50 30 44 -
dominic.munari@free.fr
[1] CNRS INIST, Aoude Werner Dalal ; Hasselmann Claude Etude des
effets d'un traitement ionisant sur la qualité texturale des fruits
[2] Parmi les nombreuses études :
1992, the French paradox for coronary
Renaud & De Lorgeril - 2006
Institut National Américain sur le Vieillissement
[3] Sources : US-EPA, CIRC
et UE Molécules, Effets sur la santé étude 2000
[5] Le
GEMRCN (groupe d'étude des marchés de restauration collective et de nutrition)
recommande depuis 2007 de diminuer de 30 % les apports en viande.
[6]
Film HOME de Yann Arthus-Bertrand